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La petite maison adossée à la colline - Texte et Photom@rie

La petite maison adossée à la colline regarde toute la vallée, au loin les Pyrénées, plus près les champs, les habitations dispersées dans la campagne de ce coin d'Ariège.

De longue date sa position fut stratégique pour servir une légende ou une histoire qui se raconte dans le pays. Ce serait un homme amoureux d'une institutrice d'un hameau qui l'aurait construite de telle manière que de sa petite chaumière il puisse apercevoir la fenêtre de sa maîtresse d'école. Il se dit, je l'ai écouté, qu'ils auraient usé de stratèges savants pour communiquer au moyen de tissus de couleurs différentes pendus aux fenêtres. Espèce de code valant pour servir leur amour. Drap rouge suivi d'un drap jaune ... allez savoir, l'amour s'invente tous les jours et se cultive par tout moyen.

 

C'est donc de ce "mirador" que l'oeil perçant de cet homme scrutait l'horizon en direction de "Las Thermes", lieu d'habitation de cette adorée. Entre hermite, philosophe, homme d'écriture, penseur, notre homme a laissé de sa vie en héritage cette petite maison adossée à la colline du Plantaurel, sous la "Queyre"(phonétiquement). Mille fois visitée, cent fois habitée l'espace d'une nuit, mille fois envahie de chercheurs d'or, quelques uns s'y sont laissés bercé tendrement enlacés les yeux perdus dans cette vaste immensité que ce paysage offrait.


 

 



Pillée elle le fut, dépouillée, délabrée elle le devint au cours du siècle passé. L'oeuvre du temps, de la neige,  des intempéries y a laissé une impression de "après l'amour, y a plus rien". Comme si cette maison n'intéressait plus de par sa situation perchée, sans eau, sans électricité, dans ses neuf mètres carrés au sol. La surface d'un de ces appartements vendus sans vergogne dans les quartiers chics de Paris au prix déraisonnable frisant l'escroquerie.


Il avait construit de main de maître, d'expert sa maison et les détails de son expertise ne manquaient pas lorsqu'au printemps dernier une famille Ariégeoise aidée d'un ami et de pleins d'autres firent le pari autour de la table de la restaurer, un soir d'un repas comme ils savent si bien vous les offrir, vous, pauvre "pec" de la ville avec les cartons d'invitation et touti quanti. A la bonne franquette, chez Jean-Louis et Monique il y a toujours une place pour vous. "Allez tu vas manger avec nous" "Allez Monique, mets une place pour Marie". C'est déjà fait avant que de pouvoir y aller de son "non, non, je veux pas vous déranger..."

Fallait attaquer, fallait déblayer, fallait lui tracer à travers bois un cordon ombilical vers la vie organisée en société. Une fois, là haut, la vie loin du monde. Il fallait juste amener un minimum de vie à cette maisonnette. On l'appelle : "La maison de Karine".

Visite des lieux, chacun y allait de sa remarque, de sa découverte, de son idée, de son "et si on..;", une pierre volait dans les airs pour rouler et dévaler la pente drue, le puits fonctionnait-il ? Du boulot, il y en avait. Construire un nid requiert patience et courage, habileté et persévérance, amitié et copains. Je vous fais visiter :



Voilà. Pas besoin de discours.

Je referme la porte ou du moins j'essaye. Sauvée in extrémis de l'effondrement, menacée de disparition naturelle sous le poids des ans, la petite maison adossée à la colline va connaître une renaissance.
























Texte et photoM@rie

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