En fait, j'ai l'appareil en bandoulière aussi. Donc, je cherche les champignons, les cèpes de préférence mais avant de les ramasser, je cherche l'angle le plus artistique pour le photogaphier.
De bon matin, nous sommes partis dans les sous-bois de chataîgniers, humides de préférence, et bâton de noisetier dans la main, patogas au pied, nous avons grimpé, observé le sol. J'avais laissé ma voiture de "doryphore" car je tiens à mes pneus... les toulousains immatriculés en 31 fréquentant l'Ariège 09 doivent savoir que le nom de cet insecte nuisible pour les pommes de terre leur est attribué par les Ariègeois qui s'en amusent. Non, bien sûr que l'Ariège est en France, mais pas dans n'importe quelle partie de la France. Corse ? Non ! une enclave nommée Ariège. Entre "péluds" et purs Ariégeois.
Donc, j'ai "rambaillé" dans les bois, "eh, couillou" le panier s'est rempli. Mon Sony aussi. Dès qu'un cèpe est à l'horizon il existe une sorte de frénésie intérieure qui vous met au silence, avec la sensation d'avoir trouvé un trésor. Une émotion traverse le corps et c'est délicatement que l'on se penche vers la chose tant convoitée, comme si un miracle venait de s'accomplir et que la chance est avec nous. Le reste de la journée est léger, on n'est pas rentré bredouille. Ouf ! l'égo est sain et sauf...car pendant que les uns chassent le gros gibier, les autres chassent le champignon. ..pourvu qu'ils ne se rencontrent pas ou ne croisent pas leur balle c'est l'essentiel.
La prunelle des yeux brillent dans les yeux des Ariégeois lorsque la cueillette des champignons se susurre entre très intimes et oh surprise personne en Ariège n'a vu de champignons...Personne... pas vu mais pris. Une complicité à ne partager qu'avec celui qui est digne de recevoir l'info. Un regard, un deuxième regard, un mot, deux mots et deux ariégeois se donnent rendez-vous au pied d'un bois.
Mieux gardés que le secret médical, le nombre de kilos, le lieu ne se disent pas mais qu'on se le dise, il n'y a rien à dire !